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Un retrait de Ravi Yerrigadoo serait fort louable

L’intérêt supérieur de l’Etat doit primer

 

Un retrait de Ravi Yerrigadoo serait fort louable

 

Les allégations faites à l’encontre de l’Attorney General , un ministre de la République, sont graves. Bien qu’il doive bénéficier de la présomption d’innocence, la logique veut que Ravi Yerrigadoo démissionne de son poste pour le bon fonctionnement des institutions, car l’intérêt supérieur de l’Etat doit primer. Officiellement, il n’est pas ministre de la Justice mais il tend à occuper dans les faits de telles fonctions en l’absence d’un titulaire à ce poste. Pour l’image de l’Etat, son retrait serait fort louable et s’impose.

 

Profane que nous sommes, nous nous devons garder de faire des analyses, de tirer des conclusions, nous devons attendre les enquêtes. La présomption d’innocence est le principe selon lequel toute personne qui se voit reprocher une infraction est innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement prouvée. On ne sait pas si la loi a été contrevenue sciemment ou savamment.  

 

A un certain moment, nous avons cru qu’il allait Step Down pendant le temps des enquêtes, ou bien le Premier ministre allait lui demander de Step Down. La perception qu’il y ait des interférences, des situations difficiles et embarrassantes pour le déroulement de l’enquête est inimaginable. Tout ce qui est moral n’est pas nécessairement légal”, et où commence l’immoralité en politique.

 

Selon la Constitution, section 69, l’Attorney est donc le principal conseiller juridique du gouvernement. Pour occuper ce poste d’Attorney General, il faut être un membre du barreau. Si ce dernier n’a pas été élu, il peut quand même participer dans les affaires de l’Assemblée nationale sauf qu’il n’a pas droit au vote. Par ailleurs, en tant que conseiller du gouvernement sur les lois, il devient donc le défendeur du gouvernement en ce qui concerne les projets de loi que ce dernier veut apporter.

 

Tout récemment le conseil des ministres avait décidé de placer le bureau du Directeur des Poursuites publiques (DPP), de l’Office du Parliamentary Counsel et celui du Solicitor General sous la tutelle de l’Attorney General. Cette décision très critiquée souligne le fait que le bureau du DPP se retrouve sous la tutelle de l’Attorney General, qui est un nominé politique issu d’un parti politique. Toute instance judiciaire se doit d’être indépendante, que ce soit en matière de structure, d’infrastructure ou budgétaire.

 

Encore, il faut aussi se rappeler que le Président (ou Bâtonnier) de l’Ordre des Avocats, de l’époque, Antoine Domingue, avait engagé formellement une procédure de radiation (de la liste des avocats) à l’encontre de Ravi Yerrigadoo, exerçant actuellement les fonctions d’Attorney General. Les charges invoquées par le Bâtonnier étaient manifestement graves.

 

Nos politiciens n’ont pas cette culture de Step down volontairement quand une allégation est faite contre eux. Récemment, le Premier ministre, Sir Aneerood Jugnauth avait demandé à Raj Dayal de démissionner comme ministre de l’Environnement « le temps que l’ICAC mène son enquête. Navin Ramgoolam, quand il était Premier ministre lui-même, avait fini par demander son Attorney General d’alors, Yatin Varma de Step Down suite à l’agression alléguée sur Florent Jeannot après un accident de la route, impliquant leurs voitures, survenu le 4 mai 2013, à Sodnac.

 

Cependant, nous devons dire Navin Ramgoolam même qui faisait face à de nombreuses charges provisoires, n’a jamais voulu Step Down en tant que leader du Part travailliste.

 

Hors du pays, les exemples de ministres des hommes publics qui démissionnent, sont multiples. La ministres Sylvie Goulard décide de ne plus « faire partie du gouvernement », pour pouvoir, le cas échéant, «démontrer librement (s)a bonne foi» dans l’enquête sur des emplois fictifs au MoDem. Le ministre brésilien accuse de corruption est forcé de démissionner à cause d’une affaire de corruption.

Barry O’Farrell, le Premier ministre de Sydney, démissionne à la suite d’une enquête sur la corruption en 2014 pour une affaire d’une bouteille de vin au prix de 3000 dollars.

L’ex-ministre du Travail Sam Hamad démissionne de ses fonctions à la suite d’un reportage d’un journal. On y avait mis en lumière des liens étroits entre Sam Hamad et Marc-Yvan Côté, un ancien député et ministre libéral, et jusqu’à récemment vice-président du conseil d’administration de Premier Tech. Les courriels obtenus par les journalistes de Radio-Canada indiquent « que le ministre Sam Hamad était une source d’information stratégique et faisait avancer les dossiers de Marc-Yvan Côté au gouvernement. »

 

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