Home > Actualités > Air Mauritius : une cacophonie à la tête qui crée un véritable malaise parmi les employés
On prépare une expulsion manu militari du pilote Patrick Hofman

Air Mauritius : une cacophonie à la tête qui crée un véritable malaise parmi les employés

Relation industrielle tendue au sein d’Air Mauritius. La politisation à outrance du board, les nominés politiques et potentats qui font leur loi, aggravent le climat chez les employés.

 

Vendredi 9 octobre, le conseil d’administration d’Air Mauritius décide de resiller les contrats de trois pilotes. Fort du soutien du Premier ministre, l’administration passe en action, et le Board of Investment s’active pour enlever le permis de résidence au pilote Patrick Offman, et le Passport and Immigration Office a enclenché les procédures pour expulser le pilote étranger. La maison de Patrick Hofman, président de l’Airline Employees Association, est surveillée par la police depuis tôt samedi matin. Tout cela nous fait penser à l’expulsion manu militari, en 1986 du père Diard, le prêtre-ouvrier français qui faisait “peur” au gouvernement d’alors.

 

Le conseil d’administration a pris note du rapport détaillé présenté par le management et aussi pris la mesure de la gravité de la situation surtout que les premières conclusions confirment une action préméditée et concertée. Et pourtant, l’Airline Employee Association (AEA) et la Mauritius Air Line Pilots Association (MALPA) maintient avoir officiellement prévenu le CEO Somas Appavou et Mike Seetaramadoo, l’Executive Vice-President, Commercial and Cargo et affecté aux ressources humaines, de la frustration des pilotes. Outre la suspension de l’allocation des tickets gratuits aux capitaines sous Mike Seetaramadoo, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la rupture d’un engagement qu’aurait pris la direction de la compagnie, le 7 juin, en ce qui concerne le contrat des recrues chez les pilotes. Le Chief Executive Officer (CEO) et le responsable des ressources humaines d’Air Mauritius (MK) avaient été prévenus. Le syndicat des pilotes leur avait donné jusqu’à 14 heures, jeudi 6 octobre, pour « rectifier» la situation dans laquelle se trouvent les pilotes.

 

Même les actionnaires minoritaires ne sont pas complètement satisfaits de la situation, et n’approuvent pas toutes les décisions de la direction de la compagnie d’aviation nationale. Selon eux, un haut cadre d’Air Mauritius tenterait d’usurper le rôle du Chief Executive Officer (CEO). Awad Balluck, le président de la listed Companies Minority Shareholders Association regret que la direction de la compagnie n’a pas crû bon de rencontrer les pilotes. Selon eux, il faut une vraie enquête pout situer les responsabilités.

 

En tout cas, l’homme fort d’Air Mauritius, Mike Seetaramadoo, Executive Vice President Cargo & Commercial au sein de la compagnie nationale d’aviation, est également affecté au département des ressources humaines. Ce dernier avait été recruté comme Executive Vice-President Human Resources, bien que ses qualifications soulèvaient des interrogations. Mais il s’est heurté à l’intransigeance de Megh Pillay face à sa décision de revoir certains privilèges accordés aux pilotes et à accorder un rabais de 15 % aux fonctionnaires, ministres et leurs proches. Finalement, c’est lui, Mike Seetaramadoo qui a eu le dernier mot, il est même parvenu à avoir la tête de Megh Pillay

 

L’AEA indique qu’il était convenu, comme c’est le cas pour les anciens pilotes, que les recrues aient droit aux conditions établies selon la signature d’un Memorandum of Understanding en 2011. Toutefois ces recrues se sont retrouvées avec une chute de 25 % de leur salaire et avec 27 jours de congé par an au lieu de 42. Sans compter qu’elles ne sont pas éligibles au fond de rétention. Parmi elles se trouvent des pilotes, majoritairement mauriciens, qui ont répondu à l’appel de MK et ont donc quitté leur emploi à l’étranger. L’AEA a également appris que MK veut étendre ces conditions, avec effet rétroactif, aux pilotes recrutés en 2016.

La newsletter de l’AEA, publiée le 2 octobre, abonde dans le même sens. Les conditions de travail « inacceptables » proposées aux nouvelles recrues y sont également évoquées. Le même mot d’ordre a été émis aux pilotes. « Une étude récente faite parmi les membres de l’AEA et la MALPA a montré qu’une majorité est pour le début des actions sociales si elles s’avèrent nécessaires. This time has come», peut-on y lire.

About Redaction