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Avec la SMEDA rebaptisée, voire privatisée, que fait-on de MyBiz ?

« Trial by error », c’est l’impression que le gouvernement donne avec certains projets du gouvernement. La Negative Income Tax subit encore des modifications dans son application. Mardi le 28 novembre, le parlement a voté une loi pour remplacer la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA) par SME Mauritius. Ainsi, le SME Mauritius, une compagnie privée entrera bientôt en opération, dans combien de temps on ne sait pas exactement, quel sera son budget pour la mise en fonction ? Qu’en fera un autre gouvernement de cet organisme ?

 

Selon l’initiateur du projet, le ministre Bholah : « la SMEDA ne répond plus aux exigences actuelles et aux réalités du secteur des PME. Elle devra cesser son fonctionnement pour être remplacée graduellement par la SME Ltd. Un Registrar of Small and Medium Entreprises sera responsable pour l’enregistrement des PME et aura pour rôle d’équiper toute personne qui a l’intention de créer une entreprise, un projet qui ne dépasse pas Rs 20 millions. Il devra en outre aider l’entrepreneur à obtenir les permis, licences ou autres autorisations nécessaires pour que son entreprise puisse démarrer ses opérations. Le ministre affirme que la réforme institutionnelle découlant de ce projet de loi prend en compte les réalités et les impératifs du secteur des PME.

 

Quelque temps de cela, en décembre 2015, ce même gouvernement, ce même ministre, lançait le MyBiz – the SME One-Stop Shop. Le ministre des Finances d’alors, Vishnu Lutchmeenaraidoo était present. Et on affirmait : The General Business Development Services Unit: responsible for the screening of projects, determining the needs of SMEs, offering appropriate information to potential entrepreneurs and proposing support in drafting the business plan.

The Licensing, Permits, Clearances and Registration Unit: responsible for the application and the granting of permits and licenses from ministries, local authorities, public utilities, among others. Such administrative procedures will be done under the same roof.

The Specialized Business Development Services Unit:responsible for providing expert technical advices and assistance for the development and growth of business projects.

The Export, International Markets and Trade Promotion Unit:  responsible to explore potential products and markets for exports.

The Monitoring and Evaluation Unit: responsible to supervise all activities in the framework of the One-Stop-Shop and is mandated to take immediate corrective action in view of any obstacle encountered.

 

Projects having a potential scope for export will be given a specialized support. Also, MyBiz aims to provide seamless access to funding, through Maubank, which equates to the removal of a key obstacle in entrepreneurship development.

Pourquoi a-t-on dépensé autant d’argent, recruté autant de gens, loué un bâtiment avec Mybiz pour ensuite constater que cela n’aide nullement les gens ?

 

Il ne faut pas oublier les déclarations de Vishnu Lutchmeenaraidoo dans son discours du budget, ou sa promesse de faire de la MauBank une banque pour les PME

 

Puis encore, le 10-Year Master Plan pour le SME Sector. “Commissioned by the Ministry of Business, Enterprise and Cooperatives, the Master Plan provides for recommendations to achieve targets, including: raising SME’s contribution to GDP from 40 to 52 per cent by 2026; raising SMEs’ share of national employment from 55 to 64 per cent; increasing current exports from less than 3 to about 18 per cent; increasing the value addition from MUR 175 billion to 388 billion.

According to the Master Plan, “a large chunk of the additional contribution to national output will come from increased export business, higher productivity and a greater participation of entrepreneurs in high value activities such as healthcare, bio-farming, green energies, ICT and a range of knowledge and technology-intensive businesses”.

 

Avec le SME 10-Year Masterplan, on allait augmenter la contribution des Petites et moyennes entreprises (PME) à 52 % du PIB. Faire passer la part de l’emploi dans les PME de 55 % à 64 %. On va faire progresser les exportations des PME de 3 % actuellement à 18 %. Augmenter la valeur ajoutée du secteur de Rs 175 milliards à Rs 388 milliards. Le tout dans les dix prochaines années.

 

Maintenant, un autre organisme avec de nouvelles structures… Vijay Ramgoolam qui compte des nombreuses années d’expérience dans ce secteur dans une déclaration à lexpress.mu : «  le ministre est en train de commettre une erreur concernant le Small and Medium Bill. Il lance un appel au Premier ministre pour revoir ce dossier. Il trouve que cette nouvelle institution privée sera la seule à Maurice qui soit financée par l’argent public qui ne générera pas de revenus. De plus, en tant que compagnie privée, cette institution ne sera pas sujette à des questions au Parlement, ni à une interaction du directeur de l’Audit. »

Les débats sur ce projet de lois ont été très animé et de haut facture. Mais le gouvernement a une majorité confortable pour faire la sourde oreille à toutes les propositions du gouvernement et encore par ceux concernés.

 

Les gros soucis des Petites et Moyennes Entreprises (PME) demeurent l’accès au Finances. Il est toujours difficile de trouver du financement. Il n’y a pas de partage des risques ni du gouvernement ni des banques. Le même système a cours : les organismes de financement exigent une garantie immobilière pour accorder un prêt. Concernant la banque des PME : on a mis deux banques boiteuses ensemble, ce qui résulte en une banque doublement boiteuse ! Rs 10 milliards devaient être utilisées, mais encore une fois : rien Et le monopole des grands acteurs économiques qui ont la force pour décrocher les contrats importants.

Maurice compte plus de 100 000 PME qui emploient près de 300 000 personnes et contribuent à hauteur de 40% au Produit Intérieur brut. Les PME continue à frapper à la porte de plusieurs institutions tandis que pour les étrangers, tout est plus simple : ils vont au Board of Investment qui se charge de toutes les formalités. Il y a deux poids deux mesures. Il faut alléger la lourdeur administrative.

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