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Notre approvisionnement en produits pétroliers : quand l’intérêt financier ou politique passe avant l’intérêt du pays

Le ministre du Commerce, Ashit Gungah, est rassurant : il n’aura pas de pénurie des produits pétroliers car, le gouvernement a pris le devant pour s’approvisionner de l’Arabie Saoudite. Une cargaison qui arrivera au plus tard dimanche, bien avant l’épuisement de notre stock. Au moins, le danger d’une pénurie qui aurait paralysée le pays, est écartée. C’est à travers la PNQ du leader de l’opposition que le peuple mauricien aura appris toutes ses choses.

 

Heureusement que l’ancien vice-Premier ministre Showkutally Soodhun était là pour négocier avec les ministres saoudiens du Pétrole et des Finances, afin que la compagnie nationale saoudienne Aramco accepte de débloquer la situation à Maurice. Nous apprenons aussi que la State Trading Corporation (STC) a négocié avec trois gouvernements pour l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.

 

Il faut savoir que la dernière cargaison de produits pétroliers qui est arrivée à Maurice fin novembre, ne peut approvisionner le pays que pour une période de 14 jours. Donc le leader de l’Opposition avait raison de dire disait qu’il avait un risque de pénurie.

 

Comment est-on arrivé à une telle situation ? Le ministre Gungah, qualifie la décision de Betamax «d’acte antipatriotique et irresponsable ». Selon lui, les intérêts du pays doivent passer avant les intérêts financiers de la compagnie. Il a peut-être raison, on doit penser aux conséquences d’une pénurie des produits pétroliers. En même temps, on doit se rappeler que les intérêts du pays auraient dû passer avant les intérêts politiques quand on gérait le dossier Betamax. Tout cela relève de l’irresponsabilité et de l’amateurisme. Tout cela donne l’impression que le gouvernement met son nez dans une affaire commerciale.

 

Il revient à la cour de trancher cette affaire. Les faits sont que le Centre international d’arbitrage de Singapour a rendu une sentence le 5 juin ordonnait à la STC de verser Rs 4,7 milliards de dommages à Betamax pour rupture de contrat dans l’approvisionnement de produits pétroliers de l’Inde. La STC a ensuite contesté cet award en Cour suprême. Betamax lui, réclame que la STC lui fournisse une garantie bancaire de 700 000 USD (Rs 24 millions) dans ce litige. Finalement la compagnie de Veekram Bhunjun a réclamé et obtenu un ordre intérimaire qui restera en vigueur jusqu’au 11 décembre. La Haute Cour de Karnataka, interdise le Pacific Diamond avec une cargaison de produits pétroliers destinées à Maurice de quitter le port de New Mangalore.

 

Xavier-Luc Duval a voulu savoir si Maurice allait acheter des produits pétroliers directement d’autres pays ou s’il aurait recours aux «brokers» à qui des commissions devraient être payées. Ashit Gungah avance que la STC paiera les mêmes frais que d’habitude et que le bateau sera dans les eaux mauriciennes bien avant le Pacific Diamond. «We are dealing with countries where petroleum products are flooded», declare Ashit Gungah. Le ministre du Commerce n’a pas voulu donner de détails sur le coût de cette cargaison achetée en urgence. Le leader de l’opposition a interpellé le ministre sur une éventuelle hausse du prix du carburant. Compte tenu de la nature stratégique des produits pétroliers, on affirme qu’il ne serait pas approprié de divulguer des informations connexes, que ce soit sur le niveau de stock actuel, la source d’approvisionnement, les modalités de transport ou les prix de ces produits. Ashit Gungah a indiqué que les produits seront conformes aux spécifications habituelles du STC. Finalement, le peuple paiera les frais, à travers les prix qui seront fixés à Maurice par le Petroleum Pricing Committee. 

Il semblerait que le ministre a été mis au courant « vers midi le 1er décembre », que la High Court of Karnataka avait émis un ordre demandant aux autorités portuaires d’interdire au Pacific Diamond de quitter le port avec la cargaison de produits pétroliers destinés la STC de Maurice. Ashit Gungah a observé qu’avant le vendredi 1er décembre, ni Betamax Ltd ni la haute cour du Karnataka n’avaient informé la partie mauricienne de cette affaire, et encore moins la STC.

Xavier Duval a voulu savoir comment un ordre émis par la haute cour de Karnataka, en date du 29 novembre, ne fut porté à son attention que deux jours après ? Et la réponse du ministre : “To be frank, we are not aware of any first order made on the 29th November. Nous ne sommes au courant de l’ordre émis par la cour que depuis le 30 novembre… » Un point noir pour Maurice qui compte des professionnels à tous les niveaux, des amis et des représentants.

Dans un communiqué émis lundi, le directeur de Betamax affirme : «Le contribuable paiera cher l’entêtement de la State Trading Corporation. Nous évoluons dans ce secteur depuis de nombreuses années et si la STC s’obstine à ne pas fournir la garantie que nous demandons. Tout ce que nous voulons, c’est le respect de l’esprit arbitral par la STC.»

 

Le bon peuple a de quoi s’inquiéter de la situation financière de la STC si elle est emmenée à payer l’award et les frais et intérêts. Bien sûr, nous ne sommes pas encore là, nous attendons la décision de la cour en appel.

 

 

 

 

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