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Le MMM est perdition : août 83, ce parti obtint 46% des suffrages, qu’en reste-il aujourd’hui.

Le MMM a connu plusieurs défaites dans son histoire, mais celle de l’élection partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes, reste à travers la gorge des militants. Paul Bérenger, leader du MMM essaie tant bien que mal de donner un nouveau souffle au MMM. Les militants, hors du pouvoir, sans même le titre de leader de l’Opposition, ne sont plus motivés. Certains observateurs ont cru que les militants vont bouger vers le PMSD qui semblait avoir le vent en pourpre mais l’élection au No. 18 a fait comprendre que pour le moment, les partisans du MMM sont des orphelins.

 

Paul Bérenger fidèle a lui-même cherche des boucs émissaires mais au fond de lui-même, il réalise que son parti s’effrite, la base ne se retrouve plus. Bien sur, le leadership de Paul Bérenger n’est pas contesté au sein de son parti car mais parmi la base, dans la rue, chez les jeunes, la popularité du comme tous les leaders des partis a Maurice, il place ses hommes en majorité dans les instances du parti.

 

La semaine écoulée, Paul Bérenger est revenu sur sa position pour donner carte blanche au comité central du MMM pour décider de la nécessité ou non de tenir des élections pour le renouvèlement des instances. Ainsi, les 84 membres devront ainsi chaque quinzaine faire un état de la situation politique et général au sein du MMM et décideront ainsi s’il faut renouveler les instances du parti. C’est un compromis entre ceux qui disent qu’il faut appliquer la constitution du parti et ceux qui souhaitaient renvoyer cette étape après Les prochaines élections générales.

 

Mais pendant que la tempête s’est apaisée, un ouragan, Steve Obeegadoo surgit. Ce dernier accorde une interview à un hebdomadaire proche du MMM, il essaie de ménager le leader, mais il laisse partir la phrase qui tue : Il faut sauver le MMM. Comme il fallait s’y attendre, Paul Bérenger ne prend pas cette déclaration à la légère. Il veut sa tête. Il décide de présenter une motion de blâme contre Steve Obeegadoo le lundi 29 janvier, lors du bureau politique. Même si d’après les informations, plusieurs personnes se sont exprimées pour, il semblerait que le leader adjoint des mauves, Pradeep Jeeha, ait créé la surprise en se prononçant contre cette motion. Il a argué que le MMM ne peut prétendre être un parti qui favorise la liberté d’expression si ses membres votent pour cette motion.

 

Sans doute ce n’est ni la première ni la dernière crise du MMM. On se souvient de la toute première crise du MMM, en 1973, quand Dev Virahsawmy quitta le MMM. Depuis, les crises se sont multipliées, le MMM perte petit à petit son aurore, sa force de frappe. La lutte continue, mais le cœur n’y est pas. Le MMM d’aujourd’hui est loin d’être le parti le plus fort dans le pays. Le temps où le MMM dirigeait, les cinq villes sont révolus tout à jamais.

 

Pour le bien du pays, il est important qu’un parti comme le MMM sait se renouvelle. Le MMM et Paul Bérenger est indissociable du MMM, mais le leader doit pouvoir prendre du recul et donner l’espace aux jeunes pour réorienter le parti, et apporter du sang nouveau.

 

Le MMM a marqué l’histoire du syndicalisme, des revendications des travailleurs, il a été le parti qui mit fin au règne de SSR, mais il aussi été le parti qui donna naissance au MSM. La seule fois où le MMM était au pouvoir était en 82, mais pour quelques mois. Le 22 mars 83, le MMM éclate, onze ministres suivent Paul Bérenger et démissionnent pour protester contre le comportement inacceptable du PSM. Le MSM voit le jour dans le pouvoir avec la complicité de Boodhoo et Ramgoolam père.

 

Le MMM, sous le leadership de Paul Bérenger, conteste les élections générales d’août 83, obtint 46% des suffrages, mais seulement 19 sièges. Le MMM conserve sa place de première force politique à Maurice. 25 ans après, que représente le MMM. C’est la question que son leader historique doit se demander.

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