Home > Actualités > Le droit de vote à la diaspora mauricienne peut provoquer un sentiment d’appartenance à la nation, voire un ‘brain gain’

Le droit de vote à la diaspora mauricienne peut provoquer un sentiment d’appartenance à la nation, voire un ‘brain gain’

Dans le cadre des célébrations de notre 50e anniversaire, nous jetons un nouveau regard sur la diaspora mauricienne qui s’est distinguée dans de nombreux secteurs hors de nos rives. Aujourd’hui, nous réalisons que Maurice a besoin de sang neuf pour redynamiser l’économie nationale, les recherches et le progrès. Pour ceux qui ont fait carrière à l’étranger, le fait de retrouver les mêmes figures politiques au sein du gouvernement depuis des années, n’est sûrement pas un signe d’avancement démocratique ou de renouvellement de talents. Nous nous nous demandons si ce gouvernement saura se montrer plus convaincant au point de provoquer un «brain gain» salutaire à l’économie de Maurice.

 

Mardi 20 février, le Premier ministre s’est adressé à la diaspora mauricienne lors de la conférence internationale de la Mauritian Academic Diaspora 2018 à l’auditorium Octave Wiehe.  «Nous avons besoin de la diaspora mauricienne afin de construire une nouvelle Île Maurice», a déclaré le Premier ministre. « Vous avez le devoir d’être les ambassadeurs d’une Île Maurice moderne à travers le monde » a lancé Pravind Jugnauth. Cette conférence, qui a pour thème « Showcasing International Sucess, s’inscrit dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance de Maurice. Le chef du gouvernement fait appel à la diaspora mauricienne, pour collaborer avec les intuitions locales, « dans le but de promouvoir le pays comme un ‘Higher Education Destination’ pour la région, qui est en ligne avec la vision du gouvernement ».En ce faisant, ils aideront la patrie, et va créer de l’emploi et augmenteront ainsi la richesse du pays, afin de devenir un ‘high income country ». On a noté la participation de nombreux chercheurs et maitre de conférences mauriciens exerçant à l’étranger.

 

Il est salutaire qu’un tel débat se poursuit justement au moment où nous célébrons le 50e anniversaire de notre pays. Il avait auparavant, et même maintenant un sentiment de haine, de colère contre ceux qui ont quitté le pays pendant la période de l’indépendance. On pense qu’ils n’ont aucun droit, car ils ont délaissé le pays. Bien sûr, avec le temps, ce sentiment a dilué. L’ardeur anti-indépendantiste, Gaetan Duval avait même fait une alliance avec SSR pour le bien du pays. Une alliance même impopulaire a été largement bénéfique pour le pays dans plusieurs domaines pour notre sucre, notre tourisme et notre industrialisation. 50 ans après, selon certains, la diaspora mauricienne avoisine les 200 000 personnes qui sont des ambassadeurs, des tourismes réguliers.

 

Les Mauriciens de l’étranger n’ont pas le droit de vote ni le droit d’être candidats aux élections mauriciennes et ils ne sont pas inscrits sur la liste électorale et ne peuvent donc pas voter. Notre démocratie fonctionne sur un système où les élus du peuple sont les élus d’un lieu géographique mauricien. Ils ne peuvent pas non plus être candidats car il faut en plus qu’un citoyen mauricien ait passé en moyenne deux ans à Maurice pour pouvoir voter ou être candidat.
Il est inconcevable que les Mauriciens vivant à l’étranger, qui détient la nationalité mauricienne, le passeport mauricien, n’a pas le droit de voter. Mais ils ont des obligations et des devoirs Il serait intéressant pour faire le lien avec la diaspora mauricienne de l’étranger, de trouver une solution adéquate comme, par exemple avoir trois députés qui représentent les Mauriciens de l’étranger.  Il est temps de réfléchir à une solution pour une vraie égalité des chances pour tous les Mauriciens.

 

À noter toute personne née sur le sol mauricien, de parents mauriciens nés à Maurice, a automatiquement la citoyenneté mauricienne. C’est le cas de 95 % de la population, ou même plus. Cependant, il y a plusieurs cas de figure.  Notre Constitution prévoit, par exemple, qu’un enfant né à l’étranger, dont au moins un des deux parents est mauricien de naissance, a aussi automatiquement la nationalité mauricienne. De la même manière, un enfant né sur le sol mauricien d’un parent mauricien et un parent étranger est aussi de facto un citoyen mauricien.

 

Le Mauritian Diaspora Scheme (MDS), établi dans le sillage du budget 2015-2016, fut un pas dans la bonne direction. Il proposait des mesures visant à encourager les membres de la diaspora mauricienne disséminés à travers le monde à rentrer au pays. L’État lançait ainsi un appel aux fils du sol hautement qualifié afin qu’ils contribuent sinon au «deuxième miracle économique», du moins aux différents projets de développement envisagés.

 

D’autres organisations comme « Nou Diaspora ont essayé de réunir la diaspora mauricienne dans les différentes parties du monde et de dynamiser les relations avec les Mauriciens à l’étranger par le biais de la culture. L’objectif est d’encourager la diaspora mauricienne à venir découvrir ou redécouvrir leur île natale avec leurs amis étrangers et profiter des prestations avantageuses qui leur seront offertes.

 

La MBC a présenté un superbe reportage sur un Mauricien exemplaire qui a fait carrière aux États Unis.  De Ripailles à New-York, cela fait presque 60 ans que Bijay Ghoorah a quitté Maurice pour s’installer aux Etats Unis. À 77ans, il vit actuellement en Floride. Après une riche carrière de chirurgien et ayant également été lieutenant-colonel dans l’armée américaine, il a pris sa retraite en 2007.Comment refuser le droit de vote, le droit d’être pleinement Mauricien à homme pareil?

About Redaction