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Le trio Curé, Anquetil et Rosemont a marqué l’histoire du pays, on devait se le rappeler pour ce congrès anniversaire du parti travailliste

Le Parti travailliste a réuni ses partisans ce dimanche 25 février, à l’auditorium Paul Octave Wiehé pour célébrer les 82 ans d’existence du parti. On note la présence de Jean-Claude Barbier et d’Atma Bumma du Mouvement patriotique, Kavy Ramano, député indépendant, Mahmad Kodabaccus et Robert Pallamy du PMSD. Le MMM était absence.

Il faut sans doute se rappeler des circonstances durant lesquelles, le Parti travailliste (PTr) a été fondé par le docteur Maurice Curé le 23 février 1936. Après sa défaite aux élections de janvier 1936 dans le district des Plaines Wilhems, Maurice Curé décida de mettre fin à sa carrière politique. Mais suite aux instances de ses partisans, il décida de créer un parti politique qui représenterait les intérêts des travailleurs.

C’est le Dr Cure, un White creole, qui en 1938 lors de la fête du Travail Curé organise une grande réunion toujours aux Champs de Mars. Plus de 10,000 répondent présents. D’importantes résolutions sont prises à main levée notamment : une révision de la Constitution qui donnerait le droit de vote aux travailleurs (2) une enquête sur la situation financière de l’industrie sucrière.

Les années 1937 et 1938 furent marquées par une série de grèves à travers le pays. Emmanuel Anquetil ainsi que le pandit Sahadeo, membres du parti, étaient à la tête de ces événements. Le gouvernement colonial prit des sanctions en vue de mettre un terme à ces agitations. La résidence de Maurice Curé fut mise sous surveillance alors qu’Emmanuel Anquetil dut s’exiler à Rodrigues. La répression des travailleurs fut plus dramatique avec quatre laboureurs fusillés lors d’échauffourées avec les forces de l’ordre.

Les pouvoirs publics et la presse conservatrice se déchaînent contre Curé.  Il est perçu comme un communiste Les médias ne lui font pas de cadeaux, il est insulté à la radio et les journaux le harcèlent. Cure décide de poursuivre une compagnie propriétaire d’une radio privée pour insultes graves. Mais il ne peut produire aucun témoin. Alors qu’il croit abandonner la partie, un jeune homme, Guy Rozemont, sorti de nulle part se présente devant lui pour lui dire qu’il a bien entendu les propos diffamatoires à son égard à la radio en ce 22 janvier 1940.

C’est la rencontre historique entre un géant de la politique et un néophyte. Rosemont est homme de caractère qui a connu des affres de la précarité. Pour lui Curé est un monstre sacré, un envoyé de dieu pour sauver le petit peuple. Anquetil connaitra l’exil à Rodrigues pour avoir paralysé l’industrie sucrière et le port lors des grèves de 1938.  Il est la bête noire du gouverneur Sir Bede Clifford et des magnats de l’industrie sucrière.

Le trio composé de Cure, d’Anquetil et de Rosemont et leur équipe d’irréductibles mène un combat sur trois axes.  D’abord intensification du mouvement syndicale, surtout au niveau de l’industrie sucrière, une action politique en menant campagne pour un changement de la constitution amenant une meilleure représentativité du peuple au conseil et l’amélioration des conditions de travail et des gages de travail dans l’industrie sucrière, du transport et autres secteurs.

Au fil des années, l’équipe du Dr Curé, Anquetil et Rosemont se renforce avec la venue du Dr Millien, de Seeneevasen et plus tard du Dr Ramgoolam. Au terme de la Seconde Guerre mondiale, les choses vont bouger vite pour l’émancipation des colonies. Londres lâche du lest et propose un gouvernement plus représentatif. Droit de vote à tout citoyen pouvant écrire son nom dans n’importe quelle langue; du coup le nombre d’électeurs allait passer de 11, 844  à 68,798.

Mais ces freedom Fighters vont perdre leur bras droit. En effet, Emmanuel Anquetil, la cheville ouvrière du mouvement de libération allait disparaitre. Chétif de nature, il s’était tant donné, cet orateur hors pair doué d’une grande intelligence. Il demeure le père du syndicalisme mauricien et un grand monument de l’histoire de la lutte des travailleurs.

Avec la disparition d’Anquetil et le repli de Curé, c’est Rosemont qui prend les commandes du parti. C’est un homme d’ouverture, il veut la collaboration étroite du Dr S. Ramgoolam. A ce titre il précipite un rapprochement entre l’électoral rural composé d’indo-mauriciens dans le parti Travailliste, un parti qui ne connaît pas de barrières de race, de religion et d’ethnie et ouverte à tous et qui repousse des thèses radicales et intégristes des frères Bissondoyal.

Rosemont sait parler le langage du peuple, ses reparties sont des traits de génie. Il est le roi créole après Eugene Laurent. On le voit au four aux champs et au moulin là où il faut défendre la classe des travailleurs.

Les élections de 1948 vont être décisives. Rosemont sort en tête de liste à Port Louis.  Le parti remporte une victoire écrasante avec 13 élus, le ralliement Mauricien seulement 2 et 4 indépendants. En 1953 le parti se bat sous la férule de Rosemont et sort vainqueur des élections des 25 et 26 juin, malgré un début de consolidation du ralliement mauricien et remporte 13 sièges alors que RM ne fait qu’élire que 2 députés. Fort de sa victoire, Rosemont au nom du parti dépose une motion estimant qu’une délégation va à Londres en vue des discussions constitutionnelles. La motion est adoptée. Le secrétaire d’Etat aux Colonies accepte de recevoir une délégation de tous les partis à Londres. L’ile Maurice sera octroyée d’une nouvelle constitution. C’est la réalisation d’un grand rêve pour Rosemont et pour le Dr Ramgoolam.

Mais l’année suivante la santé de Rosemont ira en se détériorant souffrant d’un problème cardiaque aigu, il devait expirer à  l’hôpital de Candos en ce 23 mars 1956.

En 1947, le Colonial Office, prit la décision de réformer le suffrage censitaire de la Constitution de 1885 pour l’élection du Conseil législatif et d’introduire le droit de vote pour tout citoyen sachant signer. Cette mesure entraîna la victoire du Parti travailliste en 1948. Ramgoolam siégeait déjà au Conseil législatif depuis 1940. Il y avait été nommé en replacement de Seerbookum sur recommandation de Mohabeer Burrenchobay, par le gouverneur générale de l’île, Sir Bede Clifford.

Ramgoolam instaura le suffrage universel dès 1958 et s’allia à divers partis pour remporter les élections qui s’ensuivirent.

 

Le parti travailliste a marqué l’histoire du pays par ses nombreuses réalisations comme le suffrage universel, l’État-providence, l’éducation gratuite et autres. Dommage au lieu de s’attarder sur tout cela, l’actuel leader du parti travailliste, le Dr Navin Ramgoolam a fait un discours plutôt politique, utilisant cette plateforme pour répond à Pravind Jugnauth.

 

 Voici quelques piques lancées : «Direz-vous à vos enfants de ne pas travailler dur et de passer par l’imposte pour obtenir quelque chose .»  «Mwa ki lor so sime», «On ne fabrique pas un leader. Soit on est un leader soit on ne l’est pas.» «Li’nn pas par limpos li!» «Au lieu de travailler et de planifier à long terme, Pravind pé ramas salté, inogir bis stop…»

Sur le projet Metro Express, Navin Ramgoolam affirme qu’un rapport de la Banque mondiale épingle Larsen & Toubro pour corruption et a interdit l’entreprise indienne de solliciter des contrats à l’international.

Le leader des rouges devait aussi défendre le défunt permis à points, mis en place durant son dernier mandat et qu’il compte rétablir s’il revient au pouvoir. Navin Ramgoolam a rappelé que lorsque le PTr était au gouvernement, les accidents avaient baissé de 13%.

Sur l’absence d’un représentant du MMM au congrès, Navin Ramgoolam déclare que ce dernier plié aux exigences du MSM en refusant son invitation. Navin Ramgoolam prévoit une alliance entre le MSM et le MMM aux prochaines élections.

 

Navin Ramgoolam affirme que lui aussi il doit passer la barre à un autre. « En 2014, j’avais dit que j’étais arrivé à la fin de ma carrière, mais j’ai été arrêté. On doit pouvoir préparer la relève pour redonner espoir aux gens. L’élection d’Arvin Boolell nous a montré des signes que la roue est en train de tourner», déclare-t-il. Selon lui, « kan éleksion vini, sé PTr ki pou vini ».

 

 

 

 

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