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Solution burlesque : La présidente que le gouvernement voulait faire partir, recevra nos invités au nom de la République

Pour sauver la face, le Premier ministre et la présidente de la République ont trouvé une solution pour faire croire aux visiteurs et au monde entier que tout va pour le mieux dans le pays qui va célèbre avec fastes le 50e anniversaire de son indécence et les 26 ans de son accession au status de République. Il a été décidé d’un commun accord qu’Ameenah Gurib Fakim soumettra sa démission comme président après le 12 mars, mais avant la rentrée parlementaire. Entretemps, ce sera ‘business as usual’, elle sera vraisemblablement au côté du PM, le 12 mars, elle recevra nos invités, elle donnera son banquet d’État traditionnel.

Qui a pu imaginer à un tel scenario burlesque ? Croit-on que le président indien n’est pas au courant de la situation qui prévaut à Maurice? Quelle sera la teneur de sa conversation avec le président indien qui sait qu’elle va vider les lieux dans les jours, et qui connaît tout sur la Platinum Card. Les partis de l’opposition pensent que cette solution est de mauvais gout. Comment peut-on se ranger à côté d’une personne qu’on condamnait haut et fort, qu’on voulait faire partir par tous les moyens, même avec l’aide des partis de l’Opposition. Le Prime Minister’s Office (PMO) disait : « Il faut que tous les partis politiques se mettent d’accord pour faire en sorte que la présidente parte le plus vite possible. » Le jeudi 8 mars, dans une réunion spéciale du conseil des ministres, on affirmait :  si elle ne démissionnait pas de son propre gré, la machinerie gouvernementale, serait mise en marche afin qu’elle soit destituée de la présidence.

 

Soit-elle est coupable, soit-elle ne l’est pas. Pourquoi ne pas lui avoir invité à prendre un congé et de ne pas participer aux festivités de l’indépendance ? Somme toute, ce gouvernement pêche par son inexpérience et, son entêtement. On n’a qu’à se souvenir de la fermeture brusque de la banque Bramer et de la résiliation du contrat l’affaire Betamax.

 

Pendant cette période de fête de notre république, la classe politique devrait réfléchir sur certains changements à la tête du pays. Une personne ne peut avoir tous les pouvoirs pour décider la sorte d’un pays. Nous avons voulu faire Maurice, une république, nous avons voulu nous défaire de nos liens avec la Grande Bretagne, il faut vraiment ouvrir le débat sur la présidence. On ne peut plus continuer à avoir un président vase à fleur qui coute bien cher à l’État, qui jouit d’une pension à vie. Un nominé politique qui doit danser au son du Premier ministre. Il n’a ni le droit ni l’espace pour dire son opinion. Pourquoi pas un président élu ?

 

Paul Bérenger l’avait bien dit durant la campagne électorale de 2014.  « Pas ene Premier Ministre marionnette, pas ene Président vase à fleur ».

 

Notre président de la République n’a pas de pouvoir décisionnel : son rôle est la représentation symbolique de l’Île Maurice à l’étranger. Le détenteur du pouvoir exécutif est donc le Premier ministre.

Le Premier ministre a trop de pouvoir entre ses mains. Il détient un pouvoir absolu et fait ce qu’il veut : nominations, législation, pouvoir exécutif. Parfois élu avec moins du tiers des votes, ou bien il le devient par un concours de circonstances, le père qui démissionne et cède sa place tout en restant actif au sein du gouvernement.

Il nous faut rendre le pays plus démocratique dans les limites du cadre constitutionnel existant. Difficile de comprendre qu’aucun Premier ministre jusqu’à maintenant n’a eu le courage de partager une partie de ses pouvoirs pour rendre sa gouvernance plus démocratique.  Il travaillera en collégialité avec le président. Au besoin, ses décisions seront prises à la majorité des voix plutôt que de laisser un seul individu trancher. Le pouvoir sera ainsi mieux partagé au sein du gouvernement.

Aujourd’hui personne de la classe politique n’ose en parler. Les jeunes de ce pays plus ouvert au débat devront mettre la pression pour changement électorale. Nous ne pouvons pas continuer à avoir un Premier ministre, un chef de parti qu’on ne peut bouger, un demi-dieu. On a le courage de présenter une motion de blâme contre la président mais personne n’a eu le courage de présenter une contre Navin Ramgoolam qui a embarrassé le parti travailliste par cette affaire de coffre fort, ou Paul Bérenger qui a emmené son parti à l’abattoir avec ses koze kozé.

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